De l'usage des réseaux sociaux
Le développement des réseaux sociaux sur le web est liée aux évolutions technologiques et techniques. Mais, ce phénomène n'est pas aussi récent qu'on pourrait le croire. Les premiers sites de réseaux sociaux sont apparus au milieu des années 90 (Classmate en 1995 et Six Degrees en 1996 ). Ils ont vraiment pris leur envol au milieu des années 2000 avec Myspace et Facebook. En 2010, ce dernier revendiquait 500 millions d'utilisateurs actifs de par le monde.
Mais, s'il est certainement celui dont on parle le plus, Facebook n’est pas le seul comme on peut le voir sur l'image ci-contre. En fait, les réseaux sociaux ne sont qu'un groupe parmi les médias sociaux.
Andreas Kaplan et Michael Haenlein définissent les médias sociaux comme« un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du Web 2.0 et permettent la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs ». Les réseaux sociaux quant a eux sont selon Danah Boyd et Nicole Ellison « des services Web qui permettent aux individus de construire un profil public ou semi-public dans le cadre d'un système délimité, d'articuler une liste d'autres utilisateurs avec lesquels ils partagent des relations et de voir et de croiser leurs listes de relations et celles faites par d'autres à travers la plate-forme ». Mais, la frontière entre les deux n’est pas toujours très claire car le premier objectif d’un site n’est pas forcement le réseautage social mais son résultat.
Au-delà de toutes ces considérations, se sont les usages qu’en font les internautes qui sont les plus intéressants et comment ils changent le panorama du web.
Les réseaux sociaux,par exemple, prennent peu a peu la place de l'email. Aux Etats-Unis ils l'ont déjà détrôné comme l’explique un article du Monde online.
"Entre les adolescents américains et l'e-mail, c'est le désamour. Selon une étude de Comscore, la fréquentation des messageries électroniques a chuté de 59 % chez les Américains âgés de 12 à 17 ans entre décembre 2009 et décembre 2010, alors qu'elle a augmenté de 28 % chez les plus de 65 ans sur la même période. L'affirmation en novembre de Mark Zuckerberg – créateur de Facebook –, selon laquelle "les lycéens n'utilisent plus les e-mails, mais les SMS et les messages instantanés", semble se confirmer par les chiffres."
Mais, encore plus important est le rôle des réseaux sociaux comme moyen rapide de la mobilisation des populations dans les contestations populaires.
"Des opposants au régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis bientôt 42 ans, veulent organiser, jeudi 17 février, un "jour de colère" en Libye. Ils ont lancé depuis mercredi des appels à manifester, relayés sur les réseaux sociaux, sur le modèle des révolutions en Tunisie et en Egypte. Sur Facebook, le groupe "Jour de colère" recense près de 10 000 inscrits, alors que Facebook compterait près de 300 000 internautes libyens, selon le site spécialisé Socialbakers. Lundi, ce groupe ne comptait que 4 400 membres, rapporte le site Internet d'Al-Jazira. Les messages sont aussi relayés par les utilisateurs du réseau Twitter".(article de lemonde.fr)
Mais les réseaux sociaux (et le web 2.0) peuvent être également un outil de coercition comme le montre cet article au sujet du "mouvement vert" en Iran:
"Je viens d’assister au fascinant discours de la journaliste iranienne Shadi Sadr. Shadi une activiste des droits de la femme qui s’est fait arrêter, en 2009, par la police iranienne. Elle a été relâchée après une dizaine de jours de détention. Elle affirme aujourd’hui que les médias sociaux favorisent les politiques répressives du régime iranien. Les autorités iraniennes, ainsi qu’un certain nombre de groupuscules conservateurs, ont en effet recours à des moyens sophistiqués permettant de collecter des informations relatives aux opposants politiques et de diffuser de fausses informations. Ils s’efforcent par exemple d’accéder au courrier électronique des citoyens gênants, de récolter des informations à leur sujet, d’usurper des identités etc. (...)La réalité – précise Shadi Sadr – c’est que ces outils de networking ont plus été des outils de contrôle, que des outils d’empowerment.
Elle n’est pas la première à faire cette observation. Déjà en juin 2009, Ethan Zuckerman (Berkmann Center, Uni. Harvard) – fondateur de Global Voices – annonçait que Twitter «avait été utilisé comme une chaîne de désinformation par des groupes vraisemblablement de mèche avec le gouvernement; ils ont surtout tenté de faire peur à la population pour la dissuader de retourner manifester."
Il sera intéressant de lire dans quelques années, les études qui seront sans aucun doute réalisées sur le sujet...
